Démocratie et Politeia: Le cas de la Grèce moderne
Les origines de l’attachement des Grecs modernes à l’idée
démocratique doivent tout d’abord être recherchées dans leur tradition
nationale, c’est-à-dire dans leur mémoire vivante et leur patrimoine
culturel. La première s’est confirmée au fil du temps et a exalté la
conscience de soi y compris dans les périodes les plus difficiles de son
très long itinéraire historique. Le second se construit essentiellement à
des périodes de l’histoire où sont florissantes les lettres classiques et
les sciences de l’homme.Si le néo-hellénisme, dès ses débuts, c’est-à-dire
au cours des premiers siècles du second millénaire
[1] , gardait une physionomie
particulière, cela s’explique avant tout en raison du dialogue fécond qu’il
entretient avec la tradition spirituelle, aussi bien savante que populaire,
qui constitue ses racines. À travers celles-ci ont été proposés des modèles
en mesure de servir non seulement la survie de la nation, mais également de
donner la priorité au principe démocratique.
Tout d’abord, les idées qui se sont développées dans le cadre de la Grèce
ancienne ont été, en ce sens, décisives
[2] . C’est ainsi que, pour la première
fois, a vu le jour la notion de citoyen, en tant que valeur autonome, à
l’écart des coercitions d’un pouvoir despotique – des hommes ou des dieux. L’«
ισονομία » et l’«
ισηγορία », l’égalité de tous devant la loi,
désignent une volonté commune à l’ensemble des citoyens. Parallèlement, le
culte de la liberté était destiné à jouer un rôle prédominant – dans son
sens même d’autodétermination.Un homme libre dans une «
politeia » libre, tel est l’idéal hellénique
selon les termes de Jean Kakridis
[3] ; et ces caractéristiques apparaissent particulièrement
dans l’
É pitaphe de
Périclès pour une Athènes démocratique – l’ « École de la Grèce
[4] ». Peut-on supposer
que c’est la même idéologie qui a survécu à travers l’histoire de l’empire
byzantin ? Difficilement, à vrai dire, même si le dernier empereur,
Constantin XI Paléologue, a proclamé, sur les remparts de Constantinople :
«
κοινή γνώμη πάντες αυτοπροαιρέτως
αποθανώμεν » . On ne peut
toutefois négliger d’avancer que la constitution de la tradition classique
des Grecs est due, dans une certaine mesure, à la transcription des textes
grâce au travail des savants byzantins.
« La liberté est le premier principe de la démocratie », soutenait
Aristote
[5] . Son
message est resté fondamentalement vivant au cours des longs siècles de la
domination étrangère : il a fait de la liberté un bien majeur des Grecs
asservis. L’oppression, la mésentente, le fanatisme, le refus des sujets de
choisir leur gouvernement, à moins qu’il ne viole les lois, a poussé la
nation au combat armé contre le pouvoir.
Vivre la tradition était, ainsi, conforme aux doctrines radicales qui se sont
développées par la suite au sein de l’Europe moderne. Les idées libérales et
démocratiques des Lumières, aboutissant au triptyque « Liberté – Égalité –
Fraternité », proclamé par la Révolution française, ont connu une large
diffusion parmi les Grecs.Si cette rencontre eut lieu, cela s’explique par
le fait qu’elles ont souvent trouvé leur inspiration dans celles de la Grèce
ancienne ; l’on doit également l’apparition des « Lumières néo-helléniques »
au rôle qu’ont joué d’éminents savants, les «
Δάσκαλοι του Γένους », à la suite des « Lumières
européennes », qui remontent la filiation des idées et en assurent la
continuité
[6] . Ce
n’est pas, enfin, par hasard, que l’évolution sociale a contribué à
l’adoption de nouveaux principes par des hommes d’idéologie ou
d’appartenance sociale différente. Parmi eux, il s’impose d’en mentionner
trois : premièrement Rhigas, qui a écrit son œuvre et poursuivi son activité
au cours de la dernière décennie du XIX e
siècle, et qui a inspiré, mais aussi qui a institué l’idéologie
révolutionnaire démocratique. Deuxièmement, c’est dans les positions
exprimées en 1806 par l’essai anonyme bien connu sous le titre « Discours
sur la liberté » («
Ελληνική νομαρχία ή και λόγος
περί ε λευθeρ ί aς » ), qu’a été
confirmé le catéchisme de la nation des doctrines démocratiques les plus
radicales.Enfin, la «
Philiki Etaireia »
a préparé l’application du principe démocratique et l’organisation, en son
nom, de la Révolution de 1821
[7] .
La Révolution de 1821 a été le produit de la rencontre de
l’idéologie libérale, qui avait été récemment adoptée par l’hellénisme, avec
la conscience du « passé glorieux » de la nation.Le modèle de l’homme libre
s’était constitué à travers la référence constante aux ancêtres de
l’Antiquité ; même la notion de « chrétien » coïncidait dans leur pensée
avec celui d’« homme libre » – selon la remarque de Georges Vlachos
[8] .L’effet de la
Révolution française ne se serait pas montré aussi décisif, si la
sensibilité morale, spirituelle et sociale n’avait fait des Grecs des
récepteurs positifs des messages les plus radicaux ; mais même la puissante
infrastructure culturelle n’aurait pas suffi à inaugurer cette lutte armée
libératrice s’ils n’avaient adopté le code révolutionnaire
[9] … À travers, en
effet, les proclamations d’Épidaure et d’Astros seront mises en avant la
gloire ancestrale et l’opposition religieuse face au tyran « barbare », la
définition, en outre, par la déclaration constitutionnelle de Trézène, de la
lutte de libération comme « guerre de la justice contre l’injustice », « de
la religion chrétienne contre le Coran
[10] ».
La contribution de ces impulsions idéologiques au combat qui déterminait
l’émancipation des Grecs fut décisive. Souffrant pendant de longs siècles
sous le joug de l’usurpateur, elles ne se limitèrent pas simplement à miner
sa domination. Les idées qui les inspiraient ont finalement poussé la Grèce
à prendre l’initiative d’une révolution armée. Ce serait minimiser et
aliéner cette initiative que d’essayer de la localiser exclusivement sur le
terrain d’un soulèvement purement national ou social. La nation est érigée
en cellule de la société internationale et en point de référence primordial
des revendications des peuples à la suite de l’adoption des idées de la
Révolution française. Indépendamment des décisions qui initialement ont été
prises par la France démocratique en application de cette doctrine,
l’État-nation se ramenait dès lors à une forme idéale et naturelle
d’organisation politique totalement conforme au principe démocratique. La
reconnaissance de la souveraineté populaire hors des frontières d’une entité
étatique quelconque était liée à la fondation de la nation en tant qu’unité
souveraine du phénomène international. L’idéologie démocratique, qui a
inspiré les révolutionnaires grecs, ressort de nombreux textes – politiques,
scientifiques, littéraires, philosophiques, ecclésiastiques – mais elle est
surtout empruntée aux déclarations de ses représentants.Sur ce point, les
précisions des trois constitutions qui furent successivement mises en place
– en 1822, 1823, 1827 – sont caractéristiques
[11] .
Le cas d’Alexandre Ypsilanti, pionnier révolutionnaire dans les Balkans et
instigateur du soulèvement contre la domination ottomane qui a éclaté en
Moldavie, le 21 février 1821, est également caractéristique. Descendant
d’une illustre famille phanariote qui avait émigré en Russie, il venait
d’épouser les idées libérales en reconnaissant les droits de l’homme. La
recherche des documents qui témoignent de son soulèvement, et même la simple
lecture de sa proclamation révolutionnaire initiale, suffit à faire de lui
un esprit épris des tendances les plus radicales dont le peuple et le tyran
constituent les axes centraux : le peuple est appelé à défendre la liberté,
le bonheur, l’indépendance nationale ; les revendications de ces biens
légitiment toute réaction et tout acte violent, comme celui des tyrannicides
ou des assassins de César ! L’application du principe de la souveraineté
populaire, l’exercice du pouvoir par un gouvernement élu, la soumission aux
impératifs de la loi, doivent – à son opinion – constituer le cadre de
l’administration publique. L’appel à la foi chrétienne ou à la solidarité
entre les peuples du continent est lui-même lié à l’idée de liberté et au
refus de la tyrannie.Son choix, ne serait-ce que géographique, témoigne de
son désir de lier la souveraineté nationale à la souveraineté populaire
[12] .
La Révolution hellénique a constitué un phénomène incompatible avec la
conception statique qui avait été adoptée à Vienne.Son déclenchement avait
été reçu avec le sentiment d’une profonde satisfaction par les partisans
d’une Europe nouvelle, celle de la démocratie
[13] . Particulièrement au niveau de la
vie intellectuelle et sociale, son contrecoup fut immédiat. Ceux qui,
rejetant un régime absolutiste, avaient opté pour une Europe fondée sur le
pouvoir populaire et la liberté national e, étaient émus à l’annonce des
déclarations révolutionnaires radicales et, en conséquence, recherchaient
dans les victoires contre le « tyran » ottoman la justification de leur
propres vues irréalisables. Les citoyens européens, qui ont apporté leur
soutien, en se déplaçant en Grèce et en apportant leur collaboration
jusqu’au sacrifice sur le champ de bataille, étaient, en grande majorité,
libéraux – mais pas en totalité. Mobiles, tels que la mémoire du glorieux
passé classique ou la solidarité envers les Chrétiens qui étaient révoltés
contre un conquérant de confession religieuse différente, ils trouvaient par
ailleurs un écho dans le cœur et l’esprit des étrangers. Toutefois, la
réaction contre l’entreprise révolutionnaire était le produit exclusif du
conservatisme.Néanmoins, contre celui-ci, s’est déclenché au niveau
européen, un exemple « admirable » de solidarité qui avait pour objet la
lutte menée par les Grecs contre le tyran
[14] .
Telles étaient les conditions qui ont fait de la Révolution hellénique un
phénomène majeur de l’histoire mondiale. La création d’un État indépendant,
le premier dans l’Europe du sud-est, constitue, en soi, un grand événement. Il existait néanmoins d’autres paramètres aussi importants. Cette création
présente une faille dans l’édifice monolithique de la Quintuple Entente
instaurée en Europe, tout en soulignant que l’attachement aux principes de
la légitimité et de l’équilibre des forces était incompatible avec le cours
dynamique du processus historique, comme l’illustra le XIXe siècle. La
justification des revendications des peuples se fondait sur le principe
démocratique.C’était l’aboutissement des idées émises à l’époque classique
qui avait déterminé la pensée de l’Europe nouvelle et, par son
intermédiaire, celle de la Grèce contemporaine
[15] .
La proclamation de l’Indépendance n’a pas suspendu, mais a
au contraire renforcé l’exigence des Grecs d’un gouvernement démocratique. Même les exploits de Jean Capodistria, sur le terrain de l’administration de
l’État nouveau, ont été sapés en raison de sa position négative par rapport
à l’application des règles libérales. Après son assassinat, le roi Othon,
essayant en vain de construire un État fondé sur les pratiques de
l’absolutisme, s’est montré incapable de mettre en application un régime de
monarchie constitutionnelle : incapacité d’adaptation qui devait lui être
fatale en tant que roi des Hellènes – malgré son attachement incontestable à
l’idée de la nation grecque. La Constitution de 1864, qui avait adopté le
« principe démocratique », a confirmé l’abolition du statut monarchique qui,
sous diverses versions, resta en vigueur jusqu’en 1862. Des influences de la
tradition hellénique riche et variée, auxquelles s’ajoutent celles de la
Révolution française, tout ce qui avait été tenté par les constitutions
révolutionnaires, était prévu dans ce texte.Le fait qu’elle ait longtemps
survécu – restant en vigueur pendant plus d’un siècle, non seulement dans
ses dispositions fondamentales, mais aussi quant à ses diverses prévisions
–, confirme la pleine puissance de ce principe qui fut, selon
Aristovoulos Manessis, son véritable « souffle
[16] ».
L’introduction de la Constitution, en 1864, mit la société grecque sur la
voie du parlementarisme. La pleine consolidation du « principe
démocratique » entendait la construction et le fonctionnement de l’ordre
public qui exprime la volonté du peuple. C’est à lui, en tant que source et
agent du pouvoir de l’État, en tant – enfin – qu’instrument de ce dernier,
que le pouvoir appartient. L’application de la doctrine de la souveraineté
populaire a été mise au jour au niveau de ses dispositions, mais aussi des
institutions fondamentales concrètes. L’adoption du scrutin universel, en
septembre 1864 déjà, qui conférait dès lors le droit de vote à tous les
citoyens, la prévision d’un parlement unique – celui des représentants du
peuple –, la consolidation du droit de rassemblement et d’association, le
refus de reconnaître ou de décerner des titres de noblesse, la protection
des droits individuels tels que la sécurité, la liberté de la presse,
l’inviolabilité de la correspondance et l’indépendance de la justice, allait
en principe compléter le réseau des normes constitutionnelles qui
instauraient le régime démocratique. Onze années plus tard, en 1875, le
cadre institutionnel avait été même amélioré par l’adoption, toujours en
place, du principe de la « majorité qualifiée », grâce aux efforts de
Charilaos Trikoupis.
Tous les changements politiques et sociaux qui ont contribué à l’évolution de
la vie publique en Grèce portent l’empreinte des règles, théoriques et
pratiques, alors instaurées. Néanmoins, le XX e
siècle, dès la fin de la première décennie, a vu l’apparition de nouvelles
normes et de pratiques radicales qui ont redimensionné l’application du
principe démocratique. Au nom de ce dernier, la Grèce avait activement pris
part aux deux Guerres mondiales du côté des grandes puissances qui avaient
pris position contre la concentration du pouvoir, dans la première, et
contre la violence, dans la seconde. Elefthérios Vénizélos, instigateur de
la politique étrangère hellénique au cours de la première moitié du siècle,
avait explicitement déclaré en 1919: « Dans la terrible tourmente déchaînée
sur le monde, j’ai tout de suite compris que mon pays ne devait pas rester
neutre.La lutte suprême engagée entre la démocratie et l’autocratie ne
pouvait le laisser indifférent ; ses meilleures traditions nationales le
poussaient à se ranger aux côtés de la France et de l’Angleterre
[17] ».Il serait, par
ailleurs, vraiment difficile d’expliquer le courage du peuple grec au cours
de la Seconde guerre, si l’on ne tenait compte de ce qu’Angelos Terzakis
avait qualifié de « passion pour la liberté
[18] ».
Ce paramètre idéologique nous mène, à travers l’Europe moderne, à la Grèce
ancienne. Les Grecs – selon Ioannis Sykoutris – ne se contentaient pas de
lier le passé à la civilisation moderne ; ils avaient par ailleurs la
possibilité de se rapprocher, à travers cet itinéraire, de leur propre
civilisation.La formation d’un État-nation grec au lendemain de la
Révolution de 1821 avait couronné une certaine approche de la Grèce
classique : c’était – selon lui – une contribution de l’enseignement du grec
ancien – malgré les faiblesses que l’on pourrait lui reprocher
[19] .
Les idées démocratiques avaient exercé une influence de catalyseur non
seulement dans les affaires intérieures, mais aussi dans les affaires
étrangères du nouvel État hellénique. À la recherche d’un code explicatif
valable de sa diplomatie, on devrait porter le regard sur le respect de la
règle selon laquelle il n’est pas concevable qu’une politique puisse être
appliquée sans le consentement de la majorité des habitants de la région à
laquelle elle s’applique. La politique expansionniste de la Grèce au XIX e et au début du XX e siècle, connue comme politique de la « Grande Idée », était
fondée sur ce postulat.C’est un constat confirmé par le fait que, après
l’extension des frontières helléniques, mais aussi à la suite de la perte
irréparable des territoires revendiqués du sud des Balkans et en Asie
Mineure, on évoque la volonté de la majorité toujours fondée sur la même
règle
[20] .
Approfondissant l’histoire de la Grèce moderne et
contemporaine, le chercheur aboutit forcément à la même évidence :
l’attachement de la grande majorité des citoyens à la défense du principe
démocratique. Les idées qui remontent à l’époque classique, et qui ont
perduré tout au long de l’histoire, n’ont cessé d’être actuelles. Parallèlement, la réception des messages libéraux de l’Europe nouvelle a
continué d’agir de manière déterminante. Cet édifice s’achève avec les
normes démocratiques qui ont été instituées de nos jours dans le cadre de
l’Union européenne, dont les origines remontent à la Grèce ancienne, cette
Grèce qui a rejoint ses rangs parmi les premières.
« Ου περί πλείονος
ποιήσωμαι τα ζην της ελευθερίας » , avaient déclaré les Athéniens à Platées, avant la
bataille
[21] . Le
sens de l’égalité et de la liberté constitue un sentiment dont la naissance
est liée à la tradition nationale depuis la période classique ainsi qu’à
l’influence de la pensée européenne – surtout de celle des Lumières et de la
Révolution française. L’exercice de ces droits politiques ne se présentait
pas seulement comme possible, mais comme nécessaire – exactement comme à
l’époque classique. Bien que l’environnement ait été totalement modifié,
l’attachement au constat démocratique comme condition préalable, présent
tout au long de l’itinéraire de l’État moderne grec, reste toujours en
vigueur. Souvent, son application scrupuleuse et, parfois, excessive,
engendre des abus dans l’accomplissement de certains droits. Le dialogue
public, afin qu’il soit largement acceptable, est dicté par la perspective
d’une application, de plus en plus grande, au niveau social – ce qui peut
expliquer certaines exagérations.
L’attachement au principe démocratique a été renforcé encore davantage après
la prétendue unification de l’Europe. Les idées qui ont inspiré le
développement économique et la conjoncture politique dans la Grèce
contemporaine, au niveau aussi bien de la politique intérieure que de la
politique étrangère, sont liées aux règles régissant très tôt le
fonctionnement des communautés européennes. Il est par ailleurs
symptomatique que la Grèce ait, dès ses débuts, consenti à participer aux
entreprises unificatrices au sein du vieux continent dans la mesure où elles
étaient fondées sur le consentement des citoyens des États appelés à
constituer le schéma unitaire.C’est ainsi que s’explique la participation
de pratiquement toutes les tendances idéologiques de l’éventail politique
dans l’Union Paneuropéenne de Goudenhove-Kalergi au cours des années 1920
et, surtout, le consentement sans réserve d’Élefthérios Venizélos au projet
Briand – en 1930 : coïncidence des critères qui étaient liés tant à l’idée
européenne et aux intérêts spécifiques les plus vitaux de la Grèce, qu’à son
passé culturel
[22] . Si, en effet, l’on s’interroge sur les racines politiques de l’Europe, le
regard s’arrête particulièrement sur la période classique : telle a été
l’optique de la plupart des visionnaires de l’Europe unie !La participation
active au Conseil de l’Europe, l’association précoce avec les Communautés,
l’attitude en faveur de toute entreprise tendant à resserrer les liens au
niveau du continent, tout est à mettre en relation avec ces facteurs
[23] .
Certes, l’application du principe démocratique comporte certains risques. Sa
portée est, en principe, positive ; mais elle présente aussi, parfois, des
faiblesses et des insuffisances qu’on ne peut négliger. Son exercice, pour
qu’il soit bénéfique, nécessite de peser, en toute circonstance, les droits
et les devoirs, ainsi que de prendre des décisions rationnelles. Le défi
serait d’éviter la perturbation de cet équilibre, sans mettre en cause
d’emblée la procédure démocratique et, en conséquence, le jeu social, sur
lequel sont fondées les structures et la dynamique du pouvoir. Ces objectifs
sont-ils néanmoins toujours réalisables ?
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Footnotes
Note 1
Ενδεικτικά, μεταξύ άλλων, Βακαλόπουλος
1966, Ζακυθηνός 1976,
Σβορώνος 2004. Βλ. επίσης, πρακτικά πρόσφατης ημερίδας στην Ακαδημία
Αθηνών, O Νέος Ελληνισμός: έννοια,
περιεχόμενο, χρονικά όρια (υπό
έκδοση) .
Note 2
Σακελλαρίου 1992:237–240.
Note 3
Κακριδής 1960:13.
Note 4
Chevallier 1979:28.
Note 5
Αριστοτέλους Πολιτικά , Βιβλίο ΙΙ. Βλ.
και Parkinson 1965:40.
Note 6
Δημαράς 2002 .
Επίσης, Κιτρομηλίδης 1996.
Note 7
Για τη σύνδεση, γενικότερα, της φιλελεύθερης και
δημοκρατικής ιδεολογίας με την επανάσταση του 1821,
βλ. Μάνεσης 1987.
Note 8
Vlachos 1989:339.
Note 9
Centre de Recherches Néo-helléniques 1989. Aussi, Κιτρομηλίδης 1989.
Note 10
Πρβλ . Vlachos 1989:339. Επίσης, Μαριδάκης 1977:368–369.
Note 11
Μάνεσης 1987:272.
Note 12
Σβολόπουλος 1995.
Note 13
Duroselle 1990:309 etc.
Note 14
Σβολόπουλος 2004.
Note 15
Σβολόπουλος 2008.
Note 16
Μάνεσης 1980:93–94.
Note 17
Βενιζέλος 1982:584–586.
Note 18
Terzakis 1990:13.
Note 19
Συκουτρής 1956.
Note 20
Σβολόπουλος 2009.
Note 21
Πρβλ. Μάνεσης 1987:275.
Note 22
Svolopoulos 1998.
Note 23
Τομαή-Κωνσταντοπούλου 2003. À voir
aussi, Svolopoulos 2003.